COUP D’ÉTAT CONSOMMÉ EN GUINÉE-BISSAU : Le Général Horta N’tam investi pour une transition d’un an
Guinea Bissau Army general Horta N'Tam (R) looks on during the swearing in ceremony as the transition leader and the leader of the High Command in Bissau on November 27, 2025. The Guinea-Bissau military appointed a general as the country's new leader Thursday for one year, a day after seizing power and arresting the president of the coup-prone west African nation. "I have just been sworn in to lead the High Command," General Horta N'Tam declared after taking the oath of office in a ceremony at the military's headquarters, AFP journalists observed. Dozens of heavily armed soldiers were deployed at the scene. (Photo by Patrick MEINHARDT / AFP)
La Guinée-Bissau vient d’entrer dans une nouvelle séquence de son histoire politique, marquée par un basculement brutal et une recomposition accélérée du pouvoir. Moins de vingt-quatre heures après la chute du président Umaro Sissoco Embaló, renversé dans la nuit du 26 novembre 2025 par une intervention militaire, le général Horta N’Tam a prêté serment le jeudi 27 novembre comme président de transition.
Figure bien connue de l’appareil sécuritaire, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, Horta N’Tam devient l’homme fort du pays. Les militaires, désormais maîtres du terrain, lui ont confié les rênes pour une durée annoncée d’un an. Cette transition, affirment-ils, devra permettre de «rétablir l’ordre», de «réorganiser les institutions» et de «garantir un retour à un processus électoral crédible» après la suspension du calendrier politique consécutive au coup de force.
Dans les heures qui ont suivi la prise du pouvoir par la junte, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est réunie en urgence en visioconférence. Les chefs d’État de la région, inquiets de cette nouvelle rupture de l’ordre constitutionnel, disent examiner les mesures appropriées face à une crise qui s’ajoute à la longue série de transitions en cours sur le continent. Entre condamnations prudentes, appels au dialogue et menaces de sanctions ciblées, l’institution régionale tente encore de définir sa ligne.
À Bissau, l’atmosphère reste lourde. Les rues sont sous haute surveillance, et les habitants, habitués aux soubresauts politiques, observent avec une prudente réserve cette nouvelle équipe arrivée au pouvoir par la force. Si certains y voient l’espoir d’une réforme militaire et institutionnelle tant attendue, d’autres redoutent une transition prolongée, comme cela a été le cas dans plusieurs pays voisins.
Pour l’heure, le général Horta N’Tam affiche la volonté de stabiliser le pays et de conduire une transition « courte mais décisive ». Reste à savoir si les promesses militaires résisteront à l’épreuve du temps et aux réalités politiques d’un pays où les coups d’État se succèdent plus vite que les réformes.
✍️ Sébastien YANGA
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