ORDRE DE PRÉSÉANCE AU BÉNIN : Moïse Kérékou donne son avis technique sur le sujet

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Après la publication du décret fixant l’ordre de préséance en République du Bénin, Moïse Tchando Kérékou président du parti Les Patriotes Rassemblement des Kérékouistes (LP-RK) et ancien Ambassadeur plénipotentiaire du Bénin près la Turquie, a publié sur sa page Facebook, un avis technique sur le sujet. Lisez ci-dessous l’intégralité de son analyse.

Depuis la publication du décret n° 2026-107 du 11 mars 2026 fixant l’ordre de préséance en République du Bénin, une profusion de commentaires et d’analyses a émergé, contribuant à installer une certaine confusion dans l’opinion sur le réel pouvoir des Institutions de la République. Une clarification s’impose. Elle est purement technique et ne vise pas à prendre part au débat politique.

Il importe, en effet, de rappeler un principe fondamental : la préséance protocolaire ne saurait être interprétée comme un indicateur de l’importance intrinsèque ni du rôle effectif des institutions au sein de la République. Elle relève d’une logique autonome, distincte de celle qui gouverne l’exercice du pouvoir réel. L’assimilation de ces deux registres conduit inévitablement à des interprétations erronées des équilibres institutionnels.

La préséance s’inscrit dans un ordre formel, protocolaire, symbolique et conventionnel, mobilisé dans le cadre des manifestations officielles — notamment pour l’organisation des placements, des prises de parole et des honneurs. Elle vise à structurer la visibilité des autorités publiques, à prévenir les conflits de rang et à refléter, selon des codes établis, une hiérarchie institutionnelle à vocation représentative.

En revanche, les attributions juridiques, le poids politique effectif et la fonction réelle des institutions et de leur Présidents procèdent de sources normatives et pratiques distinctes, au premier rang desquelles figurent la Constitution, les lois organiques ainsi que la dynamique des rapports de force et d’influence.

En résumé, la préséance protocolaire doit être appréhendée comme un instrument d’ordonnancement et de représentation de l’État, et non comme un critère d’évaluation du pouvoir effectif. Il faut donc retenir que la préséance n’est pas un indicateur de puissance politique, mais un outil d’organisation et de représentation. Dans plusieurs États, notamment ceux dotés d’un bicamérisme (mérite aussi un avis technique), la chambre haute (souvent appelée Sénat) peut être mieux placée dans le protocole pour des raisons historiques ou symboliques, sans dominer la chambre basse (l’Assemblée nationale) dans le processus législatif.

En conclusion, pour le cas du Bénin, le futur Sénat peut, dans l’ordre de préséance protocolaire, être placé avant l’Assemblée nationale, sans que cela n’implique une supériorité institutionnelle ou fonctionnelle. La préséance relève en effet du protocole et de la représentation symbolique de l’État, tandis que les pouvoirs des institutions sont définis par la Constitution et les lois organiques.

Moïse Tchando KEREKOU

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