FILIÈRE CAJOU EN AFRIQUE DE L’OUEST : Le Bénin se hisse à la deuxième place du classement en 2025

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Longtemps cantonné au rôle de simple fournisseur de noix brutes, le Bénin est en train de redessiner sa place dans la filière cajou ouest-africaine. En 2025, le pays s’est hissé au rang de deuxième moteur de la transformation de la noix de cajou en Afrique de l’Ouest, traduisant une mutation industrielle aussi discrète que déterminante.

En l’espace de cinq ans, les capacités nationales de transformation ont connu une progression spectaculaire. De 13 000 tonnes d’amandes exportables en 2020, le Bénin est passé à 50 000 tonnes en 2025. Une performance qui ne relève ni du hasard ni d’un simple sursaut conjoncturel, mais d’une orientation stratégique assumée par les autorités publiques. L’interdiction d’exporter la noix de cajou à l’état brut, entrée en vigueur en avril 2024, a marqué un tournant décisif. En contraignant les flux vers les unités locales, l’État a fait le choix de la valeur ajoutée, quitte à rompre avec certaines pratiques régionales plus permissives.

Cette dynamique s’appuie sur un pilier industriel central : la Zone industrielle de Glo-Djigbé. Implantée à une quarantaine de kilomètres de Cotonou, la GDIZ s’est imposée comme le cœur battant de la transformation du cajou béninois. Grâce à des infrastructures modernes et à l’installation d’unités industrielles spécialisées, la plateforme permet aujourd’hui de convertir les récoltes nationales en amandes prêtes à conquérir les marchés internationaux, tout en renforçant la compétitivité du pays face à ses voisins.

Dans un contexte régional en pleine effervescence, le Bénin tire clairement son épingle du jeu. En 2025, la production d’amandes de cajou en Afrique de l’Ouest a bondi de plus de 50 %, atteignant 732 000 tonnes. Si la Côte d’Ivoire reste largement en tête avec une domination écrasante, le Bénin s’est distingué en dépassant le Nigéria, dont la production a reculé sur la même période. Ce repositionnement confirme l’émergence du pays comme un acteur industriel crédible dans une filière longtemps dominée par l’exportation brute.

Cette avancée n’efface toutefois pas les défis structurels du continent. Malgré une production africaine représentant plus de la moitié de l’offre mondiale de noix de cajou, la transformation locale demeure marginale, inférieure à 10 %. Un paradoxe qui souligne l’ampleur du potentiel encore inexploité.

Pour le Bénin, les prochaines années seront décisives. L’ambition affichée est claire : transformer l’ensemble de la production nationale sur le territoire. Au-delà des chiffres, l’enjeu est social et économique. La montée en puissance de la filière pourrait créer des milliers d’emplois, consolider un tissu industriel local et protéger l’économie nationale contre les soubresauts des marchés internationaux des matières premières.

En misant sur l’industrialisation, la discipline réglementaire et des infrastructures adaptées, le Bénin ne se contente plus de suivre la dynamique régionale : il contribue désormais à la façonner, avec l’ambition assumée de devenir une référence durable de la transformation du cajou en Afrique de l’Ouest.

✍️ Sébastien YANGA

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