MÉDIAS AU BÉNIN : La Haac suspend une émission de Radio Maranatha pour apologie du crime
La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac) a frappé fort. Par une décision rendue publique le 23 février 2026, l’organe de régulation des médias au Bénin a suspendu l’émission « Témoignage, qu’a-t-il fait pour toi ? » diffusée sur la radio privée non commerciale Maranatha, invoquant de graves manquements aux textes en vigueur. En cause, les propos tenus par un invité identifié sous les initiales S. A., au cours d’une émission au contenu particulièrement controversé.
Selon la décision N°26-002/HAAC, l’animateur aurait laissé son interlocuteur faire « l’apologie du crime » et porter atteinte « aux bonnes mœurs et à la morale publique ». La transcription publiée par l’institution de régulation fait état de déclarations d’une extrême gravité. L’invité y relate un passé criminel marqué par des actes de cannibalisme, décrivant avec précision des faits supposément commis au Bénin et au Nigeria. Des propos jugés choquants, attentatoires à la dignité humaine et contraires à l’éthique des médias.
La Haac estime que la diffusion de tels contenus constitue une violation des dispositions de l’article 23 de la Constitution béninoise ainsi que de plusieurs articles du Code de l’Information et de la Communication et de la convention liant l’organe de régulation à l’entreprise de presse concernée. Elle en conclut à une défaillance de responsabilité éditoriale de la part du promoteur de Radio Maranatha.
Les sanctions sont lourdes. L’émission incriminée est interdite «jusqu’à nouvel ordre ». L’animateur, quant à lui, est frappé d’une interdiction d’antenne pour une durée illimitée. Dans le même élan, le président de la Haac a décidé de saisir le Procureur de la République afin que les déclarations de l’invité fassent l’objet d’un examen judiciaire.
Au regard du droit béninois, les faits évoqués relèvent en effet du pénal. Le cannibalisme, ou anthropophagie, est expressément réprimé par la loi n°2018-16 du 28 décembre 2018 portant Code pénal en République du Bénin. L’article 459 prévoit que toute personne qui, en connaissance de cause, vend, achète, transporte, prépare ou consomme de la chair humaine encourt une peine de réclusion criminelle de quinze à vingt ans, assortie d’une amende pouvant atteindre cinq millions de francs CFA. Les mêmes peines s’appliquent à quiconque prélève ou conserve de la chair humaine à ces fins.
✍️ Sébastien YANGA



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