NATITINGOU/ MONTAGNE DE KOUSSIGOU : Les autorités locales sifflent la fin de l’orpaillage illégal
À Koussigou, dans l’arrondissement de Perma, l’heure n’est plus aux avertissements répétés. Le samedi 7 février, une forte délégation conduite par les autorités locales et des responsables départementaux s’est rendue sur le site d’orpaillage de la montagne de Koussigou pour signifier, sans détour, la fin imminente de l’occupation illégale des lieux. Cette descente officielle fait suite au drame survenu récemment sur le site, marqué par une explosion de dynamite ayant causé un mort et de graves blessés, rappelant une fois de plus les dangers liés à l’exploitation artisanale non encadrée.

Face aux orpailleurs, le message a été clair, ferme et unanime. Le site doit être libéré avant le lancement effectif de l’opération de déguerpissement annoncée. Contrairement aux précédentes rencontres, aucune place n’a été laissée aux négociations ou aux séances de sensibilisation. Chaque autorité, à tour de rôle, a insisté sur le respect de la loi et l’urgence de quitter les lieux. Le Directeur départemental de la Police républicaine de l’Atacora, Akim Gbadamassi, a exhorté les exploitants illégaux à se retirer dans le calme avec leurs équipements, avertissant que toute résistance exposerait à des interventions coercitives sans possibilité de récupération du matériel.

Pour le chef d’arrondissement de Perma, Cyrille Kouagou, la position de l’État est sans ambiguïté. Il ne s’agit pas d’interdire l’orpaillage en général, mais de libérer un périmètre légalement attribué à la société minière chinoise Xinquan. Le maire de Natitingou, Taté Ouindéyama, a pour sa part rappelé que la loi s’impose à tous et que les institutions de la République doivent être respectées. Il a martelé que l’exploitation du site par l’entreprise concessionnaire s’inscrit dans une logique de développement national, soulignant que «ce n’est plus une sensibilisation, mais un ordre».

La préfète de l’Atacora, Lydie Déré Chabi Nah, a renforcé cette position en rappelant que la montagne de Koussigou appartient à l’État béninois et qu’aucune discussion ne saurait remettre en cause cette réalité juridique. Se disant profondément préoccupée par la présence massive de jeunes et d’enfants sur le site, elle a indiqué qu’il s’agissait de la dernière démarche de dialogue avant le déclenchement des opérations de sécurisation. Elle a toutefois invité les orpailleurs à saisir l’opportunité d’une intégration légale en se faisant recruter par l’entreprise concessionnaire.

En amont de cette rencontre tendue avec les exploitants illégaux, la délégation officielle avait échangé avec le directeur général de la société Xinquan, Li Zhihao. Celui-ci a salué l’accompagnement des autorités tout en alertant sur l’ampleur croissante de l’exploitation illégale, source de pertes financières importantes pour l’entreprise, de dégradation environnementale et de risques sécuritaires, notamment pour les femmes et les enfants. Il a réaffirmé l’engagement de son entreprise à coopérer pleinement avec l’État béninois afin de contribuer à l’économie nationale, aux recettes fiscales et à la création d’emplois.

En réponse, les autorités locales, notamment la préfète de l’Atacora et le maire de Natitingou, ont rassuré la société Xinquan que les mesures nécessaires seront mises en œuvre dans les tout prochains jours. Les forces de défense et de sécurité seront mobilisées pour garantir la libération totale du site et permettre une exploitation minière conforme aux accords signés avec le gouvernement du Bénin. La délégation était composée du chef d’arrondissement de Perma, de la préfète de l’Atacora, du DDPR Atacora, du maire de Natitingou ainsi que du Directeur départemental de l’Énergie, de l’Eau et des Mines de l’Atacora.
✍️ Sébastien YANGA
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